Interview/Devenir un champion national dans son secteur d’activité : Paul Camille N’dri, Directeur Général de ASFA

L’importance des PME n’est plus à démontrer dans la marche vers l’émergence de la Côte d’Ivoire. Depuis quelques années, notre pays affiche son ambition de disposer d’un tissu dense de PME productives, compétitives, réparties sur toute l’étendue du territoire national, orientées aussi bien vers un marché national qu’international et animées par des acteurs compétents et dynamiques. Certaines d’entre elles comme Agricultural Solutions For Africa (ASFA) ont décidé de suivre cette dynamique et de représenter vaillamment notre pays au-delà de ses frontières. Nous avons rencontré son Directeur Général pour un moment d’échange…

1- Présentez-vous ainsi que votre entreprise et vos services ?

Je suis Paul-Camille N’dri, Directeur Général de l’entreprise ASFA (Agricultural Solutions For Africa). ASFA est une PME ivoirienne spécialisée dans l’irrigation, les serres agricoles et l’agriculture de précision. Notre mission est de rendre accessible les nouvelles technologies agricoles au plus grand nombre des producteurs africains pour une agriculture plus productive et donc plus rentable.

2- Comment vous est venue l’idée de créer ASFA ?

En tant que jeune intellectuel africain, j’ai du mal à supporter que pour se nourrir l’Afrique dépende des autres continents. Malgré les avancées technologiques, nos parents dépendent encore des pluies et utilisent des outils qui ne leur permettent pas d’améliorer leurs rendements. J’ai voulu donc transformer ce problème en opportunité en mettant à la disposition des agriculteurs des outils et solutions déjà éprouvés partout dans le monde.

3- Dans combien de pays êtes-vous représenté ?

Pour le moment, nous opérons en Côte d’Ivoire et au Nigeria. Mais d’ici fin 2021, un bureau ASFA sera ouvert au Mali. Nous intervenons également pour des prestations ponctuelles dans d’autres pays africains.

4- Quels sont les facteurs déterminants du choix de l’exportation des offres d’une entreprise telle que la vôtre ?

Les raisons qui nous poussent à aller au-delà des frontières ivoiriennes sont principalement la forte demande de nos services et la volonté d’accomplir notre mission qui est d’apporter notre pierre à l’édifice pour le développement de nos pays en Afrique.

5- Quelles sont les capacités requises pour une bonne exécution des activités de l’entreprise sur un marché qui se veut aussi bien local qu’international ?

Je parlerais certes de capacités, mais aussi de qualités requises. Il y’a d’abord la détermination (le travail acharné) et l’amour pour la discipline qu’on a choisi parce que lorsque vous rencontrerez des obstacles c’est ce qui vous fera tenir bon. Ensuite, nous avons l’honnêteté envers ceux que l’on sert : c’est-à-dire le client. Un client satisfait t’apportera plusieurs autres si tu gagnes sa confiance. Aussi, la délivrance des produits et services de qualité. Et enfin, il faut savoir s’entourer.

6- Est-il aisé pour une entreprise ivoirienne comme la vôtre de se frayer un chemin dans des pays autres que la Côte d’Ivoire ?

Rien n’est facile en affaires, mais le fait de s’appuyer sur les compétences locales et de créer des emplois dans le pays d’accueil ouvre des portes. Le problème se pose souvent lorsqu’il y’a une forte concurrence dans le domaine d’activité. Dans notre cas, la demande surpasse largement l’offre qui est quasi inexistante.

7- Quels sont les principaux obstacles que rencontrent ASFA dans sa phase d’expansion ?

Une expansion coûte cher. Pour une entreprise qui s’autofinance, il est très difficile de pouvoir y arriver seul. Aussi, le fait de trouver des compétences locales qui épousent l’idée et la vision de l’entreprise constitue souvent un obstacle.

8- Quelles sont selon vous les mesures immédiates que les Etats africains devront prendre pour encourager l’émergence des champions nationaux ?

Pour ma part, il faudrait accorder des privilèges fiscaux aux entrepreneurs locaux. Ceux-ci sont souvent confrontés à d’énormes charges fiscales et sociales dans leur phase de croissance. L’allégement du poids des impôts serait un point très positif pour l’émergence de champions.

9- Quelles sont vos ambitions à court, moyen et long terme ?

Notre ambition à court terme est de mettre en place dès l’année prochaine un entrepôt de matériels d’irrigation en Côte d’ivoire permettant d’approvisionner le marché ivoirien, burkinabé et malien. Du coup, nous nous positionnerons comme leader dans la région en tant que fournisseur. Notre présence au Nigeria permettra d’accroitre notre volume d’activité puisque son marché représente à lui seul environ 50% de toute la zone ouest africaine.

10- Quels conseils pour ces entreprises qui aspirent à devenir des champions nationaux ?

Pour devenir un Champion, il faut être déterminé et avoir le courage de travailler plus que les autres. Le champion est un passionné qui réussit à transformer les problèmes rencontrés en opportunités.

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